Nos 12 propositions pour l’Europe

Forts de ces constats et de nos Valeurs, Nous députés européens réunis en 2021 sous l’égide de la Fondation « Identité et démocratie », affirmons notre engagement pour un renouveau européen,

Nous appelons à une Europe des Nations et des Libertés

Nous affirmons qu’une Europe dominée par un seul Etat, aussi puissant soit-il, serait la négation de la diversité des Nations européennes,

Nous affirmons que les citoyens des Nations européennes sont seuls légitimes à décider de leur destin commun, et, de par leurs votes, ils sont les seuls à pouvoir refonder l’ordre juridique européen ;

Nous rappelons que c’est la diversité, la compétition et l’émulation entre des peuples européens en quête des mêmes objectifs qui a fondé la puissance, le rayonnement et l’autorité de l’Europe.

Nous rappelons également que c’est la recherche du bien commun par toutes les forces, entreprises, institutions, travailleurs, investisseurs, qui a assuré l’éclatante réussite européenne.

Et nous voulons que notre Union soit l’affirmation des Nations d’Europe, de leur Histoire, de leurs racines et de leurs Libertés !

Et nous voulons que notre nouvelle Europe donne sa préférence aux Européens et soit en priorité à leur service !

Pour les Nations et pour nos libertés, notre « nouvelle Europe » aura comme ambition de protéger nos emplois, conserver nos modes de vies et renforcer notre sécurité.

 Nous proposons Douze priorités comme les Douze étoiles du drapeau historique de la Communauté européenne :

1 — L’Union, reprend l’héritage historique des Nations !

Nos nations européennes partagent un héritage millénaire, ancré dans notre Histoire, vivant dans notre héritage culturel. Qui sont-ils, qu’ont-ils construit, conquis, gagné, ceux qui se permettent aujourd’hui de juger les grands Européens des siècles passés ? Qui sont ces individus qui prétendent juger Napoléon Ier, Nicolas II, la reine Victoria, Bismarck, le général de Gaulle ?

La reconnaissance de notre Histoire et de nos racines est un devoir non seulement de mémoire, mais la garantie de notre survie ! La seule vraie valeur de l’Europe, c’est l’intérêt des Nations européennes. C’est la condition de la renaissance de l’Union.

Le drapeau symbolique aux douze étoiles a été accroché en public pour la première fois le 21 octobre 1956 et c’est la Cathédrale de Strasbourg qui fut choisie. Nous devons être fiers de notre héritage gréco-romain et de nos racines chrétiennes. Nous devrons continuer ou recommencer à l’enseigner !

Nous proposons d’intégrer les références à nos racines chrétiennes et au principe fondateur de la liberté politique qu’est la souveraineté des Nations dans les traités européens !

Si la diplomatie européenne est absente, c’est parce que la négation des permanences, des héritages et de la transmission la place en apesanteur face aux réalités du monde, qui sont dynastiques, ethniques, religieuses et nationales. Parce que la diplomatie est l’expression de la souveraineté, et que la souveraineté est nationale, seules les Nations détiennent la capacité de négocier, de débattre et de s’engager vis-à-vis de l’extérieur.

 C’est pourquoi nous proposons de confirmer le principe de l’indépendance des Nations en matière de politique étrangère et de Défense.

Le rôle de l’union sera donc de coordonner, s’il y a l’accord des 27, des actions de politique étrangère et de défense européennes, ou de soutenir les actions engagées par un groupe d’États volontaires, en fonction de la situation, de leur expérience et de leur implication dans la région du monde concernée.

Nations européennes

2 — La souveraineté revient aux Nations

L’Union européenne refuse de regarder la réalité en face ; une démocratie sans terre n’existe pas. Les peuples européens doivent retrouver leur liberté sur leur territoire. Tenir son territoire est la loi de la vie. La forme politique de la modernité est celle de l’État-nation, et l’Europe n’est rien si elle n’est pas l’union d’États Nations souverains.

Plus le pouvoir est lointain, plus il est étranger. La démocratie athénienne était celle de la cité. Les Républiques italiennes de la renaissance étaient aussi des cités.

Les Pères fondateurs des Communautés européennes avaient établi avec justesse le principe de l’égalité de nations souveraines, donnant au Grand-Duché du Luxembourg, en théorie, les mêmes droits qu’à l’Allemagne ou la France. La richesse de l’Europe est de comprendre de grandes et petites nations, des Monarchies et des Républiques.

La « nouvelle Europe » aura comme principe fondateur le respect de la souveraineté de chaque Nation et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ! L’ordre constitutionnel de chaque Nation est supérieur en droit à l’ordre de l’Union. Ce principe signifie que chaque Nation retrouvera le droit de refuser les directives européennes chaque fois qu’elle juge que l’essentiel est en jeu et que son ordre constitutionnel est atteint. Le principe appliqué en Allemagne, principe qui subordonne toute application d’une directive européenne au respect de la Constitution allemande, principe auquel veille la Cour de Karlsruhe, doit se généraliser et s’appliquer dans tous les domaines des intérêts vitaux et des principes essentiels des Nations. Le Conseil constitutionnel français avait d’ailleurs statué en ce sens le 19 novembre 2004, en affirmant que la règle constitutionnelle française est supérieure aux traités européens, comme vient de le faire aussi le Tribunal suprême de la Pologne.

Nous proposons que l’ordre juridique de l’Union soit ainsi remis en ordre ; d’abord l’intérêt des Nations, ensuite celui de l’Union, après les droits de l’individu. Notre nouvelle Europe devra corriger la dévolution à des cours d’arbitrage privées du soin de régler les litiges commerciaux dans le cadre des accords de libre-échange et limiter le pouvoir des Cours de Justice à la stricte application des lois dans le respect de l’intérêt supérieur des citoyens européens.

Nous proposons également que la pratique du référendum trouve toute sa place pour valider les décisions de l’Union qui touchent à l’identité ou aux intérêts supérieurs des Nations. Nous demanderons l’inscription dans les Traités des référendums nationaux comme moyen de valider les décisions fondamentales de l’Union.

3 — Pas de souveraineté ni de marché intérieur sans frontières extérieures tenues.

Les vagues migratoires récentes, avec l’arrivée de terroristes et trafiquants en tout genre ont mis en danger la sécurité des Européens !

La protection des frontières extérieures s’impose. Les États doivent pouvoir décider qui ils acceptent sur leur sol. Les flux de migrants et de réfugiés doivent être contrôlés. Un pays pourtant réputé généreux et ouvert comme le Danemark vient de prendre des mesures spectaculaires pour endiguer le flot des soi-disant réfugiés politiques dont la majorité sont des imposteurs. Au lieu de montrer du doigt les états qui cherchent à se protéger, notre nouvelle Europe sera à la fois humaine et intransigeante, impitoyable avec les trafiquants d’êtres humains et leurs complices !

La démographie fragile et déclinante de l’Europe ne peut être compensée par des afflux non contrôlés d’illégaux, mais au contraire par la robustesse de nos économies, des politiques familiales vigoureuses et surtout un avenir pour les nouvelles générations européennes

Aucune Nation d’Europe ne devra être contrainte d’accepter des populations étrangères contre sa volonté. Et chaque Nation sera libre de gérer l’accès à son territoire, à ses systèmes sociaux et à sa nationalité selon les critères de son choix. Nous proposerons une loi européenne qui établira cette règle.

Face au terrorisme et aux vagues de migrations illégales, nous proposons de sécuriser nos frontières. L’Agence européenne FRONTEX de Varsovie a été créée pour cela, mais la soumission de certaines institutions de l’Union aux influences étrangères et à des ONG complices du trafic des migrants lui interdit d’agir. Dans notre nouvelle Europe, Frontex devra conduire des opérations indispensables de retour vers les pays d’origine des migrants en situation illégale. Toute aide à des pays extérieurs sera subordonnée à la reprise par ces pays de leurs ressortissants, notamment pour l’exécution des peines prononcées contre eux en Europe.

En attendant que l’Europe se dote d’un système de protection efficace de ses frontières extérieures, il faudra suspendre l’application des accords de Schengen et la libre circulation à l’intérieur de l’Union.

Frontières Europe

4. Une Europe en faveur de la jeunesse, de la diversité culturelle et des libertés,

L’Europe doit redonner aux jeunes l’espoir d’une vie meilleure. L’Union doit affirmer la civilisation européenne, une civilisation qui se nourrit de ses racines chrétiennes, et qui a trouvé dans la diversité des cultures nationales une dynamique qui lui a ouvert le monde. Et elle doit protéger l’intégrité de ces cultures qui font un savoir-vivre et un savoir être unique.

Nous voulons développer les programmes d’échanges pour les jeunes de type ERASMUS, en les élargissant aux apprentis et aux lycéens, dans le respect des enseignements sur nos Histoires nationales et sur nos valeurs ! Nous voulons promouvoir l’enseignement des langues de nos pays et lutter ainsi contre la prédominance d’une langue mondialisée qui va détruire nos cultures !

Nous proposons que l’Union entretienne la diversité linguistique et culturelle des Nations européennes. Les Français parlent le français, comme les Italiens parlent l’italien ! La citoyenneté repose sur la langue, sur une culture distincte, pas sur un multiculturalisme qui appauvrit.

Le multilinguisme, qui était à l’origine la règle dans les Institutions européennes, a été peu à peu abandonné eu profit aujourd’hui de la pratique quasi généralisée de l’anglais. Nous exigeons que le multilinguisme redevienne la règle de base !

Nous lutterons contre l’exil des cerveaux européens par un projet mobilisateur pour les jeunes générations, celui d’un nouveau siècle des lumières pour l’Europe ! L’Union doit redevenir pionnière en matière de liberté d’expression, de recherche indépendante, d’écologie heureuse, de rétablissement de la concurrence, de protection du marché intérieur. En mettant en route de nouveaux projets européens de recherche, nous proposerons de grandes initiatives dans les sciences du vivant, les nanotechnologies, la conquête de l’espace (relancer les activités de l’Agence spatiale européenne) .. Nous nous engagerons à ce que ces projets se développent dans le respect des règles bioéthiques et sans recours abusif à la bureaucratie européenne (les succès passés d’AIRBUS et d’ARIANE sont là pour démontrer qu’on peut y arriver !)

Si l’Europe était à refaire, il faudrait commercer par la culture ! Nous proposons que l’Union affirme une politique culturelle européenne comme conservation, promotion et enrichissement des cultures nationales, régionales et locales.

Nos libertés sont menacées par l’invasion du numérique sans contrôle. L’Union doit défendre la liberté d’expression, d’opinions et le débat public, conditions de la démocratie. C’est pourquoi la censure privée par les prestataires de réseau, quand elle dénie le droit d’expression, devra être considérée comme un délit.

Nos libertés sont aussi menacées par le développement de systèmes de fichage des citoyens honnêtes, de leurs convictions politiques ou religieuses, de leur situation de santé ou familiale. Des données sont ainsi transmises à des sociétés privées, à des fins mercantiles ou d’espionnage. Nous proposerons le renforcement des textes sur la protection des données privées (loi RGPD) afin de mettre un terme aux abus qui se généralisent aujourd’hui.

Erasmus ID

5 — Démocratiser les Institutions européennes en retirant les pouvoirs exorbitants de la Commission européenne.

L’Union avance en apesanteur démocratique. Depuis le « non » français et néerlandais au referendum sur le projet de Constitution, en 2005, plus jamais un choix européen n’a été ratifié par le suffrage universel direct. Il faut rétablir la primauté du vote des citoyens sur les arrêts des Cours, les directives de la Commission, et défendre l’identité constitutionnelle des Nations.

Comment justifier que l’Union européenne, berceau des idéaux de la démocratie, en soit elle-même privée dans son fonctionnement ? Comment se fait-il que l’initiative des lois, soit attribuée à l’Exécutif qu’est la Commission européenne, en contradiction avec la séparation des pouvoirs qui fonde notre état de droit depuis Montesquieu. Comment laisser un organe composé de personnalités non élues parler au nom des peuples européens ? Comment laisser des organisations non élues, non représentatives, dotées du seul pouvoir de l’argent, que sont ONG, Fondations, lobbys, participer aux décisions européennes, être consultées, écoutées, suivies, et imposer les intérêts qu’elles servent contre la volonté des Européens ?

Pour cela, nous retirerons tout rôle politique à la Commission européenne en lui déniant l’initiative des lois et des traités commerciaux. La Commission sera l’administration en charge de préparer les décisions du Conseil, sous le contrôle du Parlement et de faire avancer la coopération des gouvernements et des Parlements sur les sujets de la compétence de l’Union.

C’est aux Nations de l’Europe regroupées au sein du Conseil européen, représentées par les Présidents et chefs de gouvernement, qu’il appartiendra de fixer le cap, assistées d’un côté du Conseil des Ministres pour rédiger les propositions de loi et de l’autre côté du Parlement européen, mais aussi des Parlements nationaux pour les voter et ainsi les valider.

Nous voulons également mieux associer les citoyens au travers de mécanismes renforcés de pétitions et de référendum d’Initiative populaire (RIP), sous condition de représentativité (par exemple, à la demande de 10 % des électeurs dans cinq pays au moins).

Nous proposons également d’instaurer une clause de « retrait » (« Opting out ») permanente pour qu’à tout moment, un Etat puisse décider de s’abstraire d’un règlement européen ou de ne pas participer à une action commune.

Nous développerons par contre des « coalitions de volontaires » entre États pour les encourager à coopérer entre eux dans les domaines qu’ils auront choisi en toute souveraineté, sans forcer tous les États membres à y participer.

Démocratie en Europe

6— Agir au niveau approprié, faisons revivre la subsidiarité !

Le principe de subsidiarité est d’agir au niveau le plus pertinent. Il a été abandonné au profit d’une centralisation européenne toujours plus poussée. L’Union est devenue le cimetière des libertés individuelles. Les bonnes décisions se prennent au plus près du terrain, avec ceux qu’elles concernent ! Dans les domaines de la gestion des migrants, des mœurs, des systèmes sociaux et des institutions, aucune décision européenne ne doit être prise sans validation des parlements nationaux ou des peuples consultés par référendum.

L’Union doit ainsi retrouver le sain principe des reconnaissances mutuelles qui assurent la liberté de circulation sans imposer des normes uniformes. Tout ce qui est vendu dans un pays, avec ses règles et ses traditions, doit pouvoir circuler partout dans l’union sans besoin d’une harmonisation qui ne fait que servir les intérêts des grandes entreprises multinationales.

Nous proposons de confier aux États, aux régions, aux collectivités territoriales, la conduite des actions organisées et coordonnées par l’Union européenne. Ce qui peut être bien fait, voire mieux fait par un État ou une collectivité territoriale, ne doit pas être attribué à Bruxelles. Nous établirons cette règle, s’il le faut, en l’intégrant de façon explicite dans les Traités.

Les politiques européennes devront s’attacher à faire vivre les démocraties locales, des régions les plus riches aux territoires ruraux en passant par les territoires insulaires. Les Européens sont très attachés à leurs villages, leurs territoires, comme on dit « leur pays ». Il faudra faire en sorte que les aides européennes aillent soutenir les exploitations petites et moyennes, les artisans, les TPME, les circuits courts et les projets innovants. Ces aides ne seront viables à condition qu’elles soient rapides, simples et relayées sur le terrain par des corps intermédiaires légitimes et reconnus.

SUbsidiarité

7— Reconnaître le rôle des Nations pour assurer l’État Protecteur

L’Union a été construite pour ouvrir, décloisonner, normaliser. Ce sont les Nations qui protègent. Il ne peut y avoir sur le sol européen de mise en concurrence entre salariés aux mêmes qualifications par des niveaux de salaires et conditions sociales différentes. Où est le progrès, quand le travailleur détaché du pays à faible salaire vient concurrencer celui qui, vivant de son labeur sur le territoire de ses ancêtres, jouit de droits acquis de haute lutte par ses parents et grands-parents !

Nous proposerons de mettre fin à la mise en concurrence, à conditions non égales, entre salariés européens en modifiant la directive sur le détachement des travailleurs de manière à ce qu’à travail égal sur le même lieu, il y ait salaire égal et charges sociales égales ! Les directives Bolkenstein devront être modifiées en ce sens et le détachement de travailleurs temporaires interdit sauf en cas de pénurie de main d’œuvre.

Dans le même ordre d’idée, il faudra envisager une convergence des droits sociaux tendant vers le haut et non pas le bas. La nouvelle Europe doit s’opposer à l’« ubérisation des emplois », mais promouvoir au contraire les modèles coopératifs et participatifs des salariés dans la vie de l’entreprise.

Il est temps que l’Europe défende les salariés européens, leurs droits durement acquis et leur niveau de vie ! Si les Multinationales veulent venir en Europe, elles devront s’adapter à nos règles et non pas l’inverse comme aujourd’hui où Bruxelles ne fait que se plier à leurs exigences. Les institutions de protection sociale sont au cœur du pacte commun européen. La justice sociale doit être inscrite comme une valeur fondamentale. Elle doit être opposable à toute action de l’Union européenne qui viendrait briser le pacte social à l’intérieur des nations.

Nous proposerons d’interdire toute politique ou toute directive européenne qui aurait comme conséquence de rabaisser le niveau de protection et de justice sociale dans un pays. Nous demanderons que tout accord commercial extérieur soit, avant d’être signé, examiné à l’aune de ses conséquences sur l’emploi et les droits sociaux.

Nous demanderons que soit reconnu le rôle essentiel des corps intermédiaires et des partenaires sociaux dans la formation des politiques sociales nationales.

8— Que la monnaie soit au service des Nations et des peuples !

Le développement économique n’a de sens que si il sert l’amélioration des conditions de vie du plus grand nombre, et l’enrichissement financier n’a de sens que s’il est partagé par tous.

Nous proposons que le mandat de la BCE soit renégocié pour y intégrer les impératifs de recherche du plein emploi et de convergence des économies.!

Il faudra faire cesser les interférences néfastes de ce que les Eurocrates appellent le dispositif dit du « Semestre européen » qui établit des « diktats » sur les politiques économiques menées par les Nations rattachées à l’€ uro. La situation particulière de chaque pays devra être mieux prise en compte. 

La réussite de la transition écologique dépend de taux de rendement du capital compatibles avec une gestion durable des ressources ; les 5 à 7 % du rendement des financements bancaires permettent ce que ne permettent pas les 15 % exigés par le système des marchés financiers anglo-américains. Sur le fonctionnement des banques, nous proposerons donc que les Nations européennes donnent mandat à l’Union pour corriger des règles bancaires et assurantielles (Bâle 3 et 4, Solvency 2 et 3, etc.) qui mettent gravement en danger le modèle européen de financement par crédit bancaire et la pérennité de mutualités structurantes pour nos territoires. Au nom de quoi, en effet, les pays de l’Union devraient-ils adopter des règles, des modèles et des principes venus d’outre-Atlantique, dont certains sont très directement à l’origine de la crise de 2007-2008 ?

Nous proposons que l’Union contribue à la refondation des marchés commerciaux et financiers comme institutions nationales et européennes au service de la concurrence non faussée, de la productivité et de la compétitivité, mais aussi de la liberté de choix du consommateur, de l’intégrité de l’information disponible, de l’authenticité des comptes des entreprises (bilans et comptes de résultat) et de la transparence des mécanismes de formation des prix

Nous enlèverons à la Commission européenne ses responsabilités en matière de concurrence, car elle est juge et partie. Une autorité indépendante sera établie en liaison avec les Autorités nationales.

9. L’Entreprise individuelle et familiale au cœur d’une Europe compétitive

L’Union doit retrouver l’ambition du grand marché intérieur, protégé de la concurrence déloyale et du pouvoir exorbitant des monopoles et des multinationales.  Il est temps que l’Europe s’occupe de l’entreprise européenne, la protège et la soutienne ! La petite et moyenne entreprise familiale, source de la richesse européenne, levain de nos territoires, devra se voir assurer les financements nécessaires, notamment par des réseaux de banques locales.

L’Entreprise est l’acteur économique essentiel, comme forme d’organisation collective de l’activité économique humaine. Elle réunit capital, savoir et travail selon toutes les modalités que les associés souhaitent donner à leur association, notamment les formes de sociétés par actions, de sociétés commerciales, mais aussi de sociétés coopératives ou mutuelles, de sociétés à but non lucratif (ou à rentabilité limitée), de sociétés citoyennes. Nous proposons que l’Union révise les directives sur le droit des sociétés pour égaliser les règles de la concurrence entre coopératives, mutuelles et sociétés par actions. Nous proposons que soient révisées les règles de responsabilité des associés ; la société anonyme ne peut être une société à irresponsabilité illimitée ! Nous proposerons aussi qu’elle engage la révision des règles comptables qui imposent une comptabilité à valeur de marché destructrice de relations responsables et durables entre les entreprises, leurs fournisseurs, leurs financiers, et les collectivités où elles sont actives.

Nous proposons que l’Union examine les conditions de protection des biens communs des communautés établies sur un territoire, contre les privatisations abusives de ces biens communs, contre leur pillage par des exploitants de passage ou par les ressortissants d’autres communautés. La reconnaissance d’un droit local aux ressources locales et d’une préférence pour les produits et services locaux doit trouver sa place dans les règles du commerce du marché intérieur.

Nous proposons de restaurer le lien entre l’entreprise et la Nation, l’entreprise et ses territoires. L’initiative privée, l’investissement en fonds propres et le travail devront être au cœur du redressement de nos économies nationales, en luttant contre la bureaucratie, contre le surendettement public et privé et contre une fiscalité trop lourde sur les personnes et les petites entreprises.

Dans le domaine des échanges entre États de l’Union, nous proposons de revenir au sain principe de la reconnaissance mutuelle des normes : tout produit légalement en circulation dans un Etat pourra circuler librement dans l’union sans devoir respecter des normes et règlements imposés par une normalisation européenne inutile et au service des grands industriels.

Dans le domaine des sciences de la vie, nouveau terrain de la concurrence stratégique, il appartiendra à la Nouvelle Europe, débarrassée de règles de concurrence d’un autre âge, de soutenir la coopération entre nos champions nationaux et nos centres de recherche universitaires et indépendants, afin de retrouver l’excellence mondiale !

10 — Revenir à la préférence communautaire

L’Union européenne sidérée par le globalisme refuse de voir que la préférence pour soi et pour les siens est partout la règle. Les États-Unis préfèrent les Américains, comme la Russie préfère les Russes, et Madagascar les Malgaches. L’Union des Nations d’Europe est au service des citoyens de ces Nations, et d’eux seuls, elle les préfère, elle les défend, elle les protège des invasions et elle combat leurs ennemis !

Préférence européenne, préférence nationale, préférence locale ne sont pas des gros mots, c’est la raison des Nations qui ne sont rien si elles ne préfèrent pas leurs citoyens. Parce que le grand marché intérieur a été sacrifié aux ambitions globales de certains, il est urgent de rétablir le sage principe de la préférence communautaire qui a fait le succès des Communautés européennes à leur début !

Et il faut que, la préférence communautaire soit supérieure à la règle du moins-disant et s’impose partout, en particulier quand sont en jeu nos intérêts stratégiques : autonomie énergétique, autosuffisance alimentaire et circuits courts, indépendance sanitaire et militaire. L’impératif écologique rejoint dans ce domaine l’impératif d’indépendance ; que l’Europe produise elle-même ce qui lui est nécessaire, qu’elle contrôle les secteurs stratégiques, et qu’elle subordonne à ses intérêts propres tous les échanges avec l’extérieur ! L’Europe d’abord !

 Les préférences des Nations ou des régions pour les entreprises qui exercent pleinement leur responsabilité nationale, sociale et environnementale, doivent pouvoir s’exprimer dans les appels d’offres, les cahiers des charges, et notamment, dans un « European Buy Act » qui applique la préférence nationale et européenne dans tous les secteurs stratégiques ; pharmacie, armements, alimentation, numérique, énergie, etc.

Depuis les années 1990, l’Union européenne a tout misé sur la globalisation des échanges et a obligé ainsi nos Nations à renoncer au pouvoir de décider de leur politique industrielle, commerciale et financière. Des pans entiers de nos industries traditionnelles ont disparu, jusqu’à la fabrication de masques en tissus qui nous ont tant manqué pendant les premiers mois de la pandémie !

Nous devons restaurer les protections aux frontières extérieures, rétablir la priorité aux productions locales, et la doter les Nations d’une politique industrielle, commerciale conformes à leurs intérêts. Nous proposons de réintroduire la préférence communautaire dans nos échanges en renégociant nos accords internationaux pour nous protéger face à la concurrence déloyale des produits industrialisés venus d’Asie, aux productions agricoles vendues à perte d’Amérique du Sud et au monopole des services du NET venus des USA. Les investisseurs étrangers pourront se voir imposer un partenariat avec des entreprises locales. La priorité doit être la défense de nos intérêts économiques, la réindustrialisation de nos régions et la préférence aux productions locales.   

Nous proposerons de renforcer et élargir les Appellations d’origine protégées (AOP) et Indications géographiques Protégées (IGP) européennes. Nous demanderons à l’Union d’être beaucoup plus vigilante pour faire respecter les droits des producteurs et entreprises européennes face à la contrefaçon venue de l’extérieur ou aux utilisations abusives des appellations et marques européennes !   

                                          

11 — Nos Industries de la défense doivent être renforcées ! Notre sécurité et notre intelligence économique doivent être mieux assurées

La destruction méthodique par l’Union des industries de la Défense des États membres équivaut à une soumission à l’extérieur. Les décisions de la CJUE sur le temps de travail des militaires à aligner sur celui des civils signifie que l’Union est utilisée par nos pires ennemis pour en finir avec nos Nations et nos libertés. Les Nations européennes doivent retrouver leurs capacités à se défendre ! Les atteintes portées à nos industries de Défense à travers les directives européennes sur l’environnement, sur la RSE, sur les exportations de produits duals, posent un problème majeur. Nous mettrons sur la table la question d’une préférence européenne pour les achats d’armement. La participation à l’OTAN ne signifie pas intégration au complexe militaro-industriel américain !

Nous traiterons sérieusement la question des cyber-attaques et de l’intelligence économique en donnant à nos États, avec une coordination européenne, les moyens de nous défendre.

Certaines ONG utilisent la censure privée, la diffusion de fausses informations, la manipulation de l’opinion et l’infiltration des media, le terrorisme moral, l’intimidation collective. Nous proposons que la participation de toute ONG aux débats européens soit subordonnée à sa représentativité (nombre d’adhérents en Europe), à l’origine majoritairement européenne de ses financements, et à la transparence sur l’origine de ces financements. Les exigences de transparence imposées aux partis politiques devront intégralement s’appliquer aux ONG et aux Fondations.

12 — Pour une écologie heureuse !

L’Union européenne cache à peine, sous couvert d’écologie, la tentation de freiner la croissance en Europe, d’imposer les normes des multinationales et d’accélérer ainsi notre déclin démographique, économique et politique. L’écologisme déployé au sein de l’Union européenne sous la forme du « Green Deal » sert notamment à l’uniformisation des politiques énergétiques et agricoles, à des restrictions sévères des libertés individuelles, à un contrôle intrusif de toutes les activités économiques par la « taxonomie ». Sous le nom de « responsabilité sociale des entreprises » (RSE) se mettent en place des outils de mise sous tutelle, voire de destruction, du tissu d’indépendants, d’artisans, de PME et d’entreprises familiales qui font la vie des territoires. La priorité écologique ne peut être le prétexte à la soumission de l’Europe à des multinationales voraces, à l’escroquerie des renouvelables comme les Éoliennes, au tout « moteur électrique » ou à la privatisation des mers, des forêts et du vivant.

La vraie écologie commence par le respect des peuples et de leurs territoires, de leurs modes de vie, de leurs traditions et des cultures qui reflètent l’adaptation réciproque et millénaire, des hommes à leurs conditions naturelles.

Nous proposons de mettre en place une écologie responsable et équilibrée : la transition vers une économie décarbonée se fera par étapes, sans bouleversement pour nos activités traditionnelles comme l’agriculture. Nous reboiserons nos forêts, protégerons nos zones humides pour en faire des puits pour capturer le carbone. Nous mettrons fin aux mirages des énergies renouvelables comme l’éolien qui détruit nos paysages. Nous développerons le nucléaire, seule énergie décarbonée surabondante et autonome.

L’Union doit faire payer le vrai prix de la distance et des transports intercontinentaux, et l’Union doit promouvoir la recherche et la production d’énergies décarbonées, comme l’est le nucléaire, comme le sera demain l’hydrogène. La priorité écologique appelle la renégociation des accords de libre-échange, la fixation d’un prix externe du CO2, de l’ordre de 150 euros la tonne, qui rendra à une grande partie de l’industrie des Nations européennes la compétitivité qui leur fait défaut du fait de la quasi-gratuité des prix de transport.